
La société carolingienne se caractérise notamment par le renouveau d’une culture des élites commune au théologien et au législateur. Dans ce contexte de synthèse, des lettrés aquitains comme Smaragde de Saint-Mihiel et Claude de Turin inscrivent la charité et la justice au cœur de l’imperium christianum et requièrent du pouvoir l’application de telles vertus en matière d’esclavage. L’exhortation à la rupture sur ce point, finalement entérinée par les capitulaires de Louis le Pieux, semble être un vecteur essentiel de l’action ecclésiale en faveur des servi ; par cette évolution institutionnelle et malgré la persistance d’une mentalité esclavagiste, y compris chez certains de ses membres, l’Église favorise alors les progrès d’un certain humanisme.Dans le cadre de la Renaissance carolingienne, Sylvain Gouguenheim raconte que, « à la cour de Charlemagne, le célèbre Italien Paul Diacre (720-799) enseignait le grec aux clercs à une époque où l’on envisageait un mariage entre la fille de l’empereur, Rothrude, et le fils de l’impératrice Irène, l’empereur Constantin VI. Thégan, biographe de Louis le Pieux (814-840), note que, à la veille de sa mort, Charlemagne lui-même corrigeait le texte des Évangiles avec l’aide de Grecs et de Syriens présents à sa cour.
Aristote au Mont Saint Michel : Les racines grecques de l’Europe chrétienne,
Sylvain Gouguenheim

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