Lorsque les droits de l’homme deviennent un obstacle à la démocratie !


Éric Zemmour a évoqué à plusieuL’Europers reprisl’Europees un sujet souvent mal compris, qui touche à la fois à laL’Europe sensibilité des Français, à leur rapport avec l’humanité et à leur attachement aux droits de l’Homme nés grâce à la Révolution française et à la démocratie.
Il explique le détournement de principe des droits de l’Homme par les islamo gauchistes, ainsi que la mauvaise application de ce principe dans un état démocratique comme la France.l’Europe
Dans cet article, je vais tenter de clarifier ce sujet, en empruntant la thèse du philosophe allemand Friedrich Nietzsche dans son livre La Naissance de la tragédie à partir de la musique. Un ouvrage matriciel dans la philosophie de Nietzsche.
En quoi consiste la thèse de Nietzsche :
Au temps de nos ancêtres les Grecs, il y avait deux forces divines : l’une incarnée par Dionysos, l’autre par Apollon.
L’unité ou le fil conducteur de l’ouvrage tient en une question que pose Nietzsche et à laquelle il tente de répondre : pourquoi un peuple aussi joyeux que le peuple grec a-t-il inventé le genre tragique ?
L’hypothèse centrale de Nietzsche est que le goût du tragique chez les Grecs n’est ni décadence, ni trouble dépressif, mais signe de santé débordante, d’adhésion totale à la vie. Ce goût du tragique, Nietzsche le voit incarné dans un principe : le principe dionysiaque.
Ce principe concentre les caractéristiques du dieu Dionysos, le principe apollinien concentrant quant à lui les caractéristiques du dieu Apollon.
Selon la thèse de Nietzsche, ces deux principes qui circulent dans la culture grecque procurent une certaine dynamique, produisent une certaine forme d’esthétique artistique. Ces formes dépendent du primat qui est accordé, selon les époques, tantôt au principe apollinien, tantôt au principe dionysiaque, et Nietzsche distingue ainsi plusieurs périodes culturelles définies en fonction de la part respective d’apollinien et de dionysiaque.
Selon Nietzsche, l’apogée de l’art apollinien parvient à maintenir à distance les forces dionysiaques.
Puis l’apollinien finit par céder et les deux forces se réconcilient dans la tragédie classique, elles parviennent à trouver un équilibre. Le dionysiaque est pleinement assumé, mais il est canalisé par l’apollinien. Ensuite, lorsque va décliner le genre tragique, l’apollinien, sous forme d’une rationalité excessive et d’un individualisme, sera de nouveau prépondérant.
Définissons plus précisément ces deux principes :
L’apollinien, d’abord : Apollon est le dieu de la lumière, de la clarté et, par extension, c’est le dieu de l’apparition distincte de l’individualité. En bref, l’apollinien est défini comme un principe d’individuation qui se manifeste dans une apparence belle et harmonieuse, dans la sérénité, la maîtrise de soi.
Le dionysiaque maintenant : Dionysos est le dieu du vin, de la vigne, par extension dieu des excès, de l’ivresse, des forces vitales, de la fertilité. Le bouc incarne sous une forme animale cette vigueur, cette fécondité. Dionysos est donc, par extension, dieu de la dissolution de la conscience et de l’individualité.

Plus la sagesse dionysiaque d’une culture est grande, plus ses réalisations apolliniennes, c’est à dire la mise en forme du fonds instinctuel et conflictuel de l’existence, le sont également ; c’est sous ce rapport de proportionnalité qu’il faut comprendre cette célèbre exclamation de Nietzsche : Combien ce peuple a dû souffrir pour atteindre à tant de beauté !

Nietzsche s’interroge sur les causes du déclin du genre tragique et il rappelle qu’à l’origine, la tragédie réside essentiellement dans le chant du chœur. Le chœur est formé de chanteurs et de danseurs. Ce sont les troupes qui accompagnent Dionysos. Au fil de son évolution, la tragédie va voir le nombre de choreutes diminuer, et, à l’inverse, celui des acteurs augmenter. Selon Nietzsche, ce renversement des proportions est le signe du déclin de la tragédie.
Car les héros individuels incarnés sur scène constituent, à proprement parler, par leur jeu, par leurs dialogues, la part apollinienne, en devenant prépondérants, rompent l’équilibre qui existait jusque-là dans les tragédies entre la part apollinienne et la part dionysiaque.
Parce qu’il a abandonné les grands motifs mythologiques et mis en scène la vie quotidienne du peuple, il aurait produit un art, une morale et une idée du monde non dionysiaques.
Selon lui, la tragédie grecque, en réalisant l’équilibre du dionysiaque et de l’apollinien, permet justement au spectateur et à l’auditeur de ne pas être entièrement happés par le déferlement des forces vitales, lumineuses ou obscures, issues du tréfonds primordial de la nature ; elle leur permet même d’éprouver un plaisir intense devant la manifestation de ces forces canalisées par le principe apollinien d’incarnation et d’individuation.
Il symbolisera un type de vie éminemment souhaitable : le type de vie affirmatif, celui qui dit oui à la vie.
On arrive au cœur de notre sujet : comment expliquer le déclin de la France, en s’interrogant sur deux principes fondamentaux du peuple français, la démocratie et les droits de l’Homme ?
La démocratie est l’art collectif des hommes, c’est la puissance dionysiaque, et les droits de l’Homme sont la puissance Apollinienne.
Depuis la Révolution française, le peuple français a pu trouver l’équilibre entre ces deux principes. Comme l’a dit Victor Hugo, cet équilibre fait d’un pays comme la France « le centre de la civilisation ».
Mais il y a une question essentielle : le rapport du Français à ses valeurs, son degré de sensibilité. Ce rapport est-il resté le même ?

En réalité, le déclin vient de cette domination des droits de l’Homme sur la démocratie.
Autrement dit, la société française n’est plus orientée vers le centre, le centre dionysiaque, la démocratie du peuple, l’art collectif d’être français, mais elle est mais elle est maintenant sous la domination des individualités qui incarne l’esprit apollinien, cet esprit qui canalise bien le détournement de la démocratie ou la domination de la majorité sur la minorité. Aujourd’hui, les juges et les individus, sous le prétexte des droits de l’Homme, ne gardent plus leur distance précise et délicate de la démocratie, et mettent le principe de droit avant le principe de la démocratie, dans un état république établi par un contrat social entre des citoyens et non entre des individus.
Enfin, une dernière chose : souvent, l’islamo gauchiste utilise les droits de l’Homme – en sachant que c’est un principe fondamental pour les Français- , comme levier pour insérer un détournement philosophique des droits de l’Homme, par la transformation des droits de l’Homme en des droits de citoyens ; ou encore ils essaient de donner au droit naturel un aspect culturel, et par conséquent ils élargissent leurs revendications pour faire propager l’idée d’un égalitarisme culturel entre tous les hommes, entre les nations ou entre les civilisations, seulement parce qu’ils sont différents de nous.
Autrefois, la tragédie était chantée par le chœur qui accompagnait l’esprit dionysiaque, et les acteurs (les individus) étaient minoritaires. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, pire, ce sont les spectateurs qui sont montés sur la scène pour chanter leur idéologie individualiste, et ils ont inversé le principe même de la démocratie. Autrefois elle était esprit collectif, aujourd’hui elle est devenue le rassemblement d’individus très divers et, qui ne partagent quasiment rien à l’échelle d’une grande nation comme la France.
On revient à Nietzsche qui donne une explication parfaite de ce qu’est l’étranger, l’autre, quand aurait dit :
« Il est grand temps que je revienne au monde en tant que Français ».

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